Hormones au naturel : rencontre avec Laurène d’Émancipées

hormones acné

Avec l’acné, les hormones sont toujours incriminées. Pour comprendre son acné, il est donc primordial de comprendre comment se comportent vos hormones au naturel. Or, la pilule jette un voile sur ce comportement naturel et sur les réelles répercussions des hormones sur l’acné… Comment prendre du recul sur le sujet des hormones ? C’est exactement ce que propose Laurène avec son projet Émancipées qui propose aux femmes de reprendre leur cycle en main. Filez vous abonnez à son compte Instagram qui regorge de tips et d’informations capitales pour apprendre à mieux se connaître mais en attendant, je vous laisse découvrir les réponses aux questions que je lui ai posées…

Quel a été le déclic qui a fait que tu as créé Émancipées ?

Laurène : J’ai, comme beaucoup de femmes, longtemps été assez déconnectée de mon corps, ou tout du moins de mon cycle. Je prenais la pilule sans vraiment me demander pourquoi.
Et puis en 2012, on m’a détecté une maladie de la thyroïde, rien de très grave mais qui m’oblige à prendre des hormones de substitution tous les jours, et a priori toute ma vie. Cela m’a beaucoup contrariée et j’ai décidé de ne pas faire subir à mon corps une double dose d’hormones de synthèse. J’ai alors arrêté la pilule et commencé à faire des recherches sur son impact sur le cycle puis, plus globalement, sur mon corps et ma santé.
Et là, révélation ! Wow, comment est-ce que je pouvais ignorer tout ça ???
A l’époque, j’étais avocate dans un grand cabinet d’affaires, et plusieurs évènements personnels nous ont conduits, avec mon mari, à tout plaquer. On est parti faire un tour du monde et j’ai commencé à ce moment-là à me former en naturopathie. Depuis, je n’ai jamais arrêté d’apprendre, à travers des formations (en nutrition, en méthode d’observation du cycle, en fertilité féminine) mais aussi et surtout par mes lectures et mes travaux de recherche. Comme toi Cécile, j’adore ça !
Et très naturellement, à force d’être “Madame Glaire cervicale” en soirée et de réaliser à quel point toutes les femmes ou presque, autour de moi, étant dans une ignorance totale par rapport à leur cycle, j’ai décidé d’en faire mon métier, et de leur donner toutes les clés pour reprendre en main le navire. Rapidement, j’ai choisi de me concentrer sur les femmes ayant un désir de grossesse (plus que sur celles cherchant un moyen de contraception naturelle) car je réalise que c’est à ce moment-là que l’on commence à s’intéresser à son cycle et que l’on se trouve souvent face à la dure réalité : on ne le connaît pas, on n’a pas confiance en lui, on n’a rien anticipé, on peut galérer et la patience se trouve mise à rude épreuve ! C’est aussi mon histoire personnelle : lors de ma première grossesse, j’étais dans la plus grande inconnue vis-à-vis de ma fertilité et je m’étais persuadée depuis des années que “ça ne marcherait jamais” (breaking news : si, ça marche, pas forcément dans la même temporalité pour toutes mais sauf cas rare, on y arrive ! Et on a même plein d’outils naturels pour se rassurer sur la bonne qualité de son ovulation et même pour booster sa fertilité, et ça c’est quand même sacrément rassurant).
Voilà, c’était long, mais c’est le cheminement qui m’a amené à fonder ce projet passionnant.

Qu’est-ce que l’empowerment de l’utérus ?

L. : J’adore cette question. Je dirais que l’empowerment de l’utérus, c’est le fait de comprendre comment fonctionne cette zone que personne, à part notre bébé (et notre gynécologue éventuellement) n’a exploré et qui pourtant, est la base de notre féminité et de notre fertilité. C’est le comprendre mais aussi l’observer, le décrypter sous toutes ses coutures (lui, son col, mais aussi le vagin, la vulve, etc.), l’interpréter et en faire un outil 100% autonome, 100% gratuit et 100% empowered de notre santé gynécologique.

Si je te dis pilule et acné…

L. : Je dirais 2 choses : déjà, réponse inadaptée. On prescrit la pilule comme traitement contre l’acné sans même expliquer aux jeunes filles l’impact qu’elle a sur le corps, leur santé et leur fertilité. La pilule n’est pas un médicament contre l’acné, il faut le dire une bonne fois pour toute ! Elle vient mettre sous silence un potentiel déséquilibre hormonal qui aurait pu être rétabli différemment.
Et aussi : effet rebond. C’est la grande crainte des femmes qui ont le projet d’arrêter la pilule, ce boomerang qui revient en pleine face avec son lot de boutons et de cheveux qui tombent. C’est une réalité, due soit au déséquilibre causé par la pilule, soit à celui qui préexistait peut-être mais qu’on a caché sous une cloche avec la pilule. En accompagnant l’arrêt, en soutenant sous foie pour l’aider à éliminer et en mettant en place plein de petites astuces, on peut essayer de limiter cet acné post pilule tant redouté.

(NDLR : vous pourrez retrouver l’article que j’ai écrit sur Acné, hormones et pilule…)

Existe-t-il des alternatives naturelles à la contraception hormonale ?

L. : Oh oui ! Au delà du stérilet au cuivre (qui n’est certes pas naturel mais qui ne contient pas d’hormones de synthèse) et des méthodes barrières (préservatif masculin, féminin, diaphragme, cape cervicale, etc.), la plus naturelle d’entre toutes puisqu’elle ne repose que sur nous est bien sûr l’observation de nos indices de fertilité. A chaque phase du cycle, notre corps s’exprime sous l’effet des hormones qui fluctuent et il nous envoie des signaux bien visibles, même si on ne nous a jamais appris à les décrypter. Le col de notre utérus est le principal acteur : il produit des sécrétions (la glaire cervicale) qui, selon leur consistance, nous indique l’arrivée de l’ovulation. Il modifie aussi sa position et sa consistance pour ouvrir le passage aux spermatozoïdes, nous permettant aussi de sentir que l’ovulation est là ! Enfin, juste après avoir ovulé, notre corps produit de la progestérone qui a un effet hyperthermique et qui augmente donc notre température corporelle.
Combinés, ces facteurs permettent d’ouvrir notre fenêtre de fertilité puis de la refermer, ce qui nous permet de savoir quand se protéger pour éviter une grossesse (environ 6 jours par mois). Cette méthode à indices combinés s’appelle la symptothermie, et elle est bien plus moderne, fiable et rigoureuse que ce que l’on met souvent sous le vocable de “méthodes naturelles” et qui ne sont plus du tout d’actualité (méthode des températures, méthode Ogino principalement).

Quel serait le premier conseil que tu donnerais à une femme pour qu’elle apprenne à se connaître ?

Je pense que le plus facile est de commencer à ressentir les évolutions de sa glaire cervicale. Je ne parle même pas d’observation, mais vraiment de sensation au niveau de sa vulve : plutôt sec, collant, ou au contraire humide voire glissant comme de l’huile ? Est-ce que je ressens quelque chose qui s’écoule quand je marche, comme si mes règles arrivaient mais sans la couleur rouge ? Et puis après, on peut regarder : les traces dans la culotte, quand on s’essuie aux toilettes, on peut même toucher bien sûr pour voir la consistance (pâteux, ou hyper fluide et étirable entre les doigts). Ensuite, on apprend à quoi correspond chaque type de glaire et, bingo, on est capable de savoir exactement où on en est dans notre cycle et dans notre fertilité !

Merci Laurène pour toutes ces informations passionnantes ! Si vous voulez en apprendre plus, allez sur son site : emancipees.com ou sur instagram.com/emancipees

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